Crépuscule

Bérénice

Bérénice, tentative contestatrice,
Et toi, Aède, me confieras-tu leur passion,
Avant que l'aube ne blêmisse,
Et que s'échevèlent les constellations ?

Douce Véga, opposée du nadir,
Comme une lyre sous les doigts d'Apollon,
Vibre de beauté et se délivre,
Des millions et des millions...

Unique Ariane de Minos l'idéale,
Jette sa coiffe réale,
Tandis que Thésée, son féal,
En tresse une couronne boréale,

Mais ma Bérénice songe à Antarès,
Tandis que sa chevelure,
Tresse sur ma main une caresse,
S'égare dans les césures.

Longues nuits qu'un oiseau trouble,
Les ailes déployés : le Cygne,
Albiréo, l'étoile double,
Déneb majestueuse et digne.

N'est-il pas venu le temps,
Si près de Sagittaire,
Quand le scorpion mène un dur combat,
De tout laisser faire ?

journal posthume

Femme

Cette femme m’a appris toutes les femmes. Elle les réunit toutes. Il m’a semblé incroyable qu’elle existât. Il faut du temps pour que la femme vienne, sans fard, sans désir, sans volonté. Il faut du temps pour que la femme surgisse et vous comble par son instant. Sa beauté, sa grâce, ses gestes, son discours délicat, ses pas. Elle a effacé tous les troubles, les a suscités tous, les a brandit avec son rire perlé, ses yeux fragiles, la main de son cœur et les a sublimés.