journal posthume

Ouste !

Veines et gageures, ouste, allez voir ailleurs. Les corbeaux au-dessus des lois qui tournoient. Vaines paroles et sentier de joie, tes étés du soleil en poudre, tes lavures au bain public, je n’en veux plus. J’ai écris sur ces pages jaunies, des tempêtes que tu ne connaîtras pas. Tel funeste ouragan, et le capitaine tient le vent. Sans doute as-tu ris, mais, ici, les sables ont des larmes. La bouteille feint de tanguer et j’en oublie l’orgie de ton absence. Sur le volet gris, une mouche s’est posée. Là où tu vas, je ne vais pas.

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Désespoir du monde

Le désespoir doit se payer cher des mots que l’on vole à d’autres, sans en considérer la portée, à en rire, grossier grotesque. Ces volages envolées, de fadeurs répétitives, le serpent qui se mord la queue, boucle inachevée d’une forcenée percée, sans admettre que sortir de l’enfer est une prouesse héroïque et quelques aventuriers puisent dans la besace de leur vérité ce que les mots, les moins lunés, noces du ciel, à s’en écœurer, à vomir les discours, toutes ces impostures puériles, ces impostures qui ne veulent plus rien dire, qui reviendront, avant longtemps, se ruer dans les boues édentées au souvenir du désespoir des estropiés. Mystique mystifiée, improbable mystique des temps radiés. La spiritualité à rebours. La contre-initiation. Le noir dessein des cerveaux accrochés aux jabots des insolents.

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Le goût de l’inutile

Certaines devantures ont le goût de l’inutile. Comme elles persistent et signent, je me demande ce qu’il se passe pour que les êtres soient dans cet état complétement en dehors de tout. Ignorance, insouciance des années folles, gargarisme alcoolique, névrotique ? La vie leur a monté au nez. J’entends et lis des inepties en tout genre. Entre marionnettes, il faut peut-être apprendre à faire des courbettes ? La beauté s’arrête devant la laideur de certains, et pourtant ?

Je me souviens de cette terrasse, alors que nous étions encore des adolescents et nous sirotions lentement une limonade, bulleuse à souhait. Tu portais une petite robe fuchsia qui faisait ressortir ton teint mordoré de soleil. Tu avais seize ans, mais tu étais d’une maturité peu commune.