journal posthume

Derniers des mohicans

Dans les campagnes reculées de France, j’ai rencontré des hommes. Ils sont comme les derniers indiens des plaines. Je sens leur âme pleine. Des rides sur le front, mais des mains qui sentent encore la terre. Je préfère leur sueur âcre du soir, leur démarche un peu débonnaire, leur grognement salutaire et leur langue peu loquace, aux déprimés des villes, aux viles âmes des rues mortifères. Quand l’homme aura perdu ses prétentions, il sera le paysan qui laboure en silence son champ. Qu’il s’appelle Michel, Jérôme ou Salomon, j’ai ri en frottant mon verre au leur. Ils ne sont points nigauds et d’une œillade chatouilleuse, me font comprendre qu’ils ne sont pas dupes de leur temps.