journal posthume

Trop de mots

J’avais remarqué que trop de mots tuait les mots. Il y a une espèce de vomissures dans ce déballage, parfois totalement inapproprié. Les effets de mode sont assez pervers. Déjà, à la cour d’école, tous les enfants imitent sans réfléchir cette dictature du moment. Dès que le temps des billes arrivait, on ne sait par quel miracle, ou plutôt, par quel décret, tout le monde jouait aux billes. Idem pour la corde à sauter, ou au jeu de la marelle. C’était le moment X. Il n’y en avait pas d’autres. Qui aurait oser bouleverser l’ordre établi ? Quelques uns. Un ou deux, tout au plus. Parfois, personne. Si l’âme existe, elle doit bien vouloir fuir son ombre. Je suppose que oui. Mais l’âme n’existe pas. Je veux dire, qu’elle ne sort pas du néant (ex nihilo). L’âme est immortelle. L’âme, c’est le Divin. Néanmoins, je ressens comme une sorte de salvatrice nausée. Oui. Saine et salvatrice nausée devant le dégueulis surabondant des temps modernes. Quand l’homme parle trop c’est sûrement qu’il n’a plus rien à dire.