Instantané

L’Adieu d’un frère

Pour elle, j'aurais décroché la lune
Pour elle, j'aurais déplacé des montagnes
Pour elle, j'aurais gravi des dunes
Pour elle, j'aurais connu le bagne.

A l'heure où rosit la fraîcheur des bois,
Tu avais effleuré la douce nuée du lierre
Tenant l'éloge d'un violon aux abois
Plongeant dans les frémissements d'un vert.

Pour elle, j'aurais bu de l'eau claire
Pour elle, j'aurais perdu la vie
Pour elle, j'aurais effacé les rideaux de fer 
Pour elle, j'aurais freiné mes envies.

Dans ses orbites creuses, que la vie déserte,
Une larme. Il pleure, tremble, il a peur.
Ses derniers mots : "j'veux pas crever la gueul'ouverte."
Lucide jusqu'au bout. Adieu en bé mineur.
Instantané

Incongrue

La poésie, monstre et œdème,
De valses de vases incongrues,
Anathème et ribambelle,
Je gage qu'il faut du temps,
Pour déclarer que je t'aime.
Vive le vent impromptu,
C'est-à-dire qui sème,
Des étoiles d'argents au ciel,
Des chevelures depuis les nues.
Mais ne dis rien à la chrysanthème
Elle se fâche pour ceci, pour cela.
Il me faut te dire qu'en ce thème
Se glisse, ne le dis pas !
J'héberge, en veux-tu, en voilà,
Puis je souffle sur la chandelle
Ainsi finit mon poème.