journal posthume

L’enfer

Un homme plonge dans les enfers. Il sent le soufre. Il sent la chair. Il sent aussi toute sorte de putréfaction. La peau craquelle, brunie par les émanations des mondes souterrains. Le corps chancelle et les tâches s’amoncellent. Sa jeunesse, au sang chaud, s’en est allée dans les remords. Il ne ment pas. Il parle avec parcimonie, sans délétères mortifications. Sa sortie des ténèbres en fait un pantelant bonhomme. Il pèse chaque instant. Ne plus être un consommateur, plutôt un consommé alternatif. On peut apprendre de ses erreurs, beaucoup apprendre. On peut tout aussi bien s’enfoncer encore plus loin. Persister à n’être qu’un mi-homme. Celui-là, il décide de le placer tout contre un mur et de le regarder droit dans les yeux. Maintenant, il lui dit : Tu ne tromperas plus personne, à commencer par toi, pauvre sot !

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Cadenas

Dès que le verbe vouloir s’abandonne, les strophes de tes mains gagnent en langueur et j’attends sans plus jamais le « vouloir ». Qu’il est odieux d’avoir tracé d’une poussée macabre, le désir de tout posséder, même dans les affres d’un rêve. J’imagine un monde sans « vouloir », le tracé de l’être. Sans doute encore un désir au sein d’un désir. Mais vouloir est comme ne plus recevoir. Une fermeture et un cadenas.